14/05/2020

“Aux producteurs, productrices” – réponse du SNSP à la lettre ouverte “Pour que le spectacle vivant ne disparaisse pas de nos territoires”

En réponse au courrier du 30 avril “Pour que le spectacle ne disparaisse pas de nos territoires” reçu par les directeurs, directrices de scènes publiques :

” Chers Producteurs, Chères productrices,

Nous avons été destinataires de votre courrier exprimant vos inquiétudes notamment sur la fermeture de lieux sur une longue période.

Nous avons bien entendu été surpris de recevoir par voie de presse vos propositions alors même que nous sommes régulièrement en contact et en travail sur de nombreux dossiers et privilégions toujours le dialogue.

Bien entendu nous déplorons, comme vous, l’arrêt du travail de création, des spectacles et des actions d’éducation artistique et culturelle au cœur de nos missions d’intérêt général.

Le réseau des directeurs et directrices de scènes publiques n’a pas attendu d’être interpelé par telle ou telle organisation professionnelle, pour enclencher une chaîne de solidarité active dans notre profession soutenue par ailleurs, par le ministère de la culture et les collectivités territoriales.

Le SNSP a fortement œuvré auprès des pouvoirs publics pour la levée de la clause dite de « service rendu ». Il a mobilisé les moyens au service des entreprises malgré les flottements dommageables concernant l’accès des établissements publics à l’activité partielle, que vous avez pu observer.

Le SNSP, avec l’USEP-SV, a également demandé sans relâche un vaste plan de soutien d’envergure national.

Le SNSP a soutenu et relayé de concert avec d’autres organisations du secteur, les demandes de mesures d’exception pour le devenir des artistes et techniciens intermittents du spectacle, gravement menacé malgré une première série de décisions. Nous saluons les dernières annonces du Président de la République à ce sujet, tout en déplorant le manque d’ambition globale de son intervention.

Les directrices et directeurs des scènes publiques comme l’ensemble de la filière, sont aussi très inquiets de l’absence d’échéance de réouverture des salles de spectacles. Comme vous le savez, ils ont multiplié les démarches pour contribuer et disposer d’un cadre clair et d’une échéance de réouverture de leurs lieux ou festivals au plus vite. Si aujourd’hui certaines municipalités ne souhaitent pas réouvrir leur théâtre avant janvier 2021, c’est bien souvent en désaccord avec la position de leur directeur ou directrice. Deux raisons sont principalement évoquées : la responsabilité pénale et le modèle économique.

En vue de la période post 11 mai, les directions des scènes publiques se sont fortement impliquées dans le processus de déconfinement sécurisé pour les publics et les professionnels. Ils estiment indispensable de pouvoir disposer de règles sanitaires formelles au regard de l’obligation de moyens renforcés des employeurs en matière de sécurité : prise en compte des spécificités des activités artistiques, configuration des lieux, modalités de respect du critère d’occupation maximale des espaces ouverts, nettoyage régulier, masques, climatisation et aération des salles de spectacles ….

Ils y travaillent avec l’ensemble des services des collectivités dont ils relèvent et ils sont en contact permanent avec les élus.

Comme vous le soulignez, au-delà de l’envie et du besoin pour tous d’exercer son métier et d’en vivre, la situation nous contraint à imaginer de nouveaux modes de production et de diffusion qui doivent se traduire par une révision des contrats.

Nous notons votre souhait d’interroger les usages professionnels qui ne sont pas en votre faveur.

En revanche, nous pouvons souscrire par exemple à :

  • L’éventualité de faire plusieurs représentations d’un même spectacle, pendant la saison 2020-21 (deux dans la même journée ou sur deux soirs consécutifs afin d’étaler les spectateurs sur plusieurs soirées) avec une révision des jauges et des prix de cession ;
  • Se concerter davantage pour construire des itinéraires plus cohérents en termes géographiques pour mutualiser les frais d’approche et limiter l’impact écologique ;
  • Mieux partager les risques par la conclusion de contrats de coréalisation ;
  • Etc…

Enfin, nous pouvons vous assurer de notre détermination pour obtenir un véritable plan de relance, plus ambitieux que les moyens dégagés jusqu’à présent et que soit réaffirmés la place du service public de la culture dans les politiques publiques, ainsi que son rôle primordial pour imaginer et construire le « monde d’après ».

Paris, le 14 mai 2020

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