09/10/2018

Ile-de-France : tribune intersyndicale “Arcadi vaut bien une réconciliation”

Les organisations syndicales – Profedim, SMA, SNSP, Synavi Ile-de-France, Syndeac – ont publié ce 8 octobre une tribune dans Libération “Arcadi vaut bien une réconciliation”.
Cette tribune fait notamment suite au communiqué intersyndical “La coopération culturelle mise à mal ; non à la disparition de l’EPCC Arcadi“,

A lire ci-dessous ou sur le site de Libération ICI

Créé en 2003 par la Région Île-de-France et l’État (Drac Île-de-France), Arcadi est un établissement public de coopération culturelle pour les arts de la scène et de l’image. Il accompagne dans la durée les porteurs de projets dans les domaines de la chanson, de la danse, de l’opéra, du théâtre et des arts numériques, en leur apportant des aides financières, en nature et en industrie, afin d’améliorer la production et la diffusion des projets, d’une part, et de soutenir le développement et la structuration des équipes, d’autre part.

En annonçant le 12 septembre dernier son  intention de se retirer de cet EPCC, Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile de France nous a plongés dans une vive inquiétude et une grande perplexité.

Ainsi, cet établissement public de coopération culturelle devrait disparaître sous le prétexte que le récent appel à candidatures pour lui trouver un(e) directeur(trice) s’est révélé infructueux ? Et cette disparition  devrait être menée toutes affaires cessantes avant le 1er janvier  prochain, sans que les deux fondateurs de la structure ne se soient a minima retrouvés autour d’une table pour en mesurer les conséquences ?

A l’heure où la mutualisation se définit plus  comme un  projet qu’une nécessité, où les politiques publiques se construisent à plusieurs pour plus d’efficacité et de cohésion territoriale, l’exemple que donnent la Région Ile-de-France et l’Etat dans la gouvernance d’ARCADI nous laisse songeurs.

Considérons les  choses à leur juste valeur. La crise que traverse aujourd’hui cet établissement est une crise de gouvernance, rien de plus.

Aucune voix ne s’est élevée au sein de son  conseil d’administration pour critiquer l’excellent travail accompli par l’agence ces dernières années ni pour mettre en doute le professionnalisme de son  équipe. Et le travail de redéfinition des missions de la structure, même s’il fut laborieux, a porté ses fruits : après plusieurs mois de renégociation, la Région et l’Etat s’étaient dernièrement mis d’accord sur un nouveau cahier des charges et une procédure pour recruter celui ou celle qui serait amené(e) à le mettre en œuvre.

Il aura donc suffit, pour que tout s’emballe, que le conseil d’administration, décide de ne pas retenir, pour diriger l’établissement, le candidat que lui proposaient conjointement la Région et l’Etat.

Hasardons une  hypothèse. Si le conseil d’administration n’a pas retenu la candidature qu’on lui présentait, c’est tout simplement que cette candidature ne l’a pas convaincu, rien de plus. Pour  autant, sa décision n’en est pas entachée d’illégitimité. Il n’est pas exceptionnel qu’une procédure de recrutement, à ce niveau de poste, puisse être infructueuse. Il convient alors de la relancer pour trouver un(e) candidat(e) plus consensuel(le). Certes cela prendra encore quelques mois, mais la structure est solide et mène avec brio depuis plus d’un an ses missions sous l’autorité de son directeur intérimaire.

Et si la sérénité revient, rien n’empêche la Région– qui finance ARCADI à près de 87% – de  proposer, dans un  second temps, une réforme de sa gouvernance, en dialogue avec l’Etat et les autres membres de son conseil d’administration.

Les solutions existent donc pour ne pas écrire la chronique d’une fin annoncée.

Et l’alternative d’une réintégration des équipes et des missions au sein des services régionaux d’ici le 1er janvier 2019 n’est ni crédible, ni raisonnable.

Qui peut en effet prétendre qu’elle se  ferait sans  heurts, sans recours juridiques, sans casse sociale (38 postes sont en jeu), sans la perte des savoirs et des compétences accumulées par l’agence depuis plus de 15 ans ?

Quel aveu d’inefficacité et d’échec ce serait pour la Région et pour l’Etat, incapables de construire  ensemble une politique ambitieuse commune pour le développement de l’éducation artistique et culturelle et de la diffusion artistique dans le plus grande région française.

Et quel exemple donné aux édiles populistes de tout bord qui, forts de ce précédent, pourraient sans vergogne s’en inspirer et rayer de la carte des équipements et des projets culturels sous les prétextes les plus fallacieux.

Voilà pourquoi, nous, organisations syndicales représentant plusieurs centaines d’établissements et d’équipes artistiques franciliens, demandons avec insistance à Valérie Pécresse et à Françoise Nyssen de renouer le dialogue pour assurer la pérennité d’ARCADI et de ses missions et à  engager sans tarder une nouvelle procédure de recrutement pour sa direction. Il en va de l’intérêt général, qui toujours devrait primer sur les querelles institutionnelles.

Profedim, SMA, SNSP, Synavi Ile-de-France, Syndeac